(E?)(L?) http://www.gutenberg.net/etext04/7pver10.txt
"Le teint" et "la teinte" sont deux substantifs, l'un masculin, l'autre feminin, qui representent le participe passé du verbe "teindre". Mais, tandis que "la teinte" s'applique a toutes les couleurs que la teinture peut donner, "le teint" subit un retrecissement d'acception et designe uniquement le coloris du visage; et meme, en un certain emploi absolu, "le teint" est "la teinte rosee" de la peau de la face. "Le teint" est - ou plutot - a ete un mot nouveau, car il parait etre un neologisme cree par le seizieme siecle. Du moins on ne le trouve pas dans les textes anterieurs a cette epoque. Toutefois il faut dire que la transformation du participe "teint", au sens special d'une certaine maniere d'etre du visage quant a la couleur, a ete aidee par l'emploi qu'en faisaient les anciens ecrivains en parlant des variations de couleur que la face pouvait presenter.
Ainsi, quand on lit dans "Thomas martyr", v. 330:
De maltalent e d'ire e "tainz" e tressues,
et dans le "Romancero", p. 16:
Fille, com ceste amour vous a palie et "tainte",
on est bien pres de l'acception du seizieme siecle et de la notre.
De maltalent e d'ire e "tainz" e tressues,
et dans le "Romancero", p. 16:
Fille, com ceste amour vous a palie et "tainte",
on est bien pres de l'acception du seizieme siecle et de la notre.